Bestiaire, un film de Denis Côté

Bestiaire du cinéaste québécois Denis Côté a été sélectionné en compétition internationale au Festival international de films documentaires se déroulant actuellement au Centre Pompidou à Paris.Après avoir été présenté à Sundance et aux Berlinale, ce film a été le premier choisi pour participer à l’édition 2012 du Cinéma du Réel selon les dires de Javier Packer-Comyn, directeur artistique du festival.

Que dire d’autre de ce film qu’il n’y a pas d’histoire, de narration ou de dialogues. Côté nous propose plutôt une enfilade de plans longs, « un diaporama » d’animaux filmés au parc Safari, un zoo du Québec. Les quelques humains que l’on peut apercevoir dans le zoo sont insignifiants, muets.

On n’assiste pas pour autant à la restitution d’une réalité pure, les cadres sont très travaillés et la photographie a été léchée. Même le son qui semble organique a été retravaillé voir remplacé pour 75% des scènes en post-production.

Cet objet cinématographique non identifié n’est ni documentaire ni fiction mais dégage une beauté certaine et se regarde étonnamment bien durant les 72 minutes qu’il dure . Il y a bien eu quelques moments d’ennui mais le film a toujours réussi à me happer de nouveau.

Je n’ai pas bien compris les intentions de Côté vis-à-vis ce film d’essai qui n’est pas vraiment un film d’essai, car il ne souhaite pas l’intellectualiser. Il revendique une neutralité envers les animaux filmés et accuse les spectateurs de projeter leurs propres sentiments sur les images.

Pourtant j’ai eu la nette impression que ce film a été monté à charge contre les zoos ou plutôt pour explorer la contrainte imposée par l’humain sur l’animal.

Car en faisant le choix de changer le son, en dé-saturant le film, en s’orientant vers des couleurs froides et en décidant d’occulter « l’amour dégoulinant pour les animaux » des soigneurs, le réalisateur a orienté le film et ne peut plus prétendre à la neutralité. Surtout que la seule scène du film où l’on voit des animaux que l’on croit en liberté est solaire, lumineuse et saturée.

Un autre détail que je ne comprends pas c’est les scènes chez les taxidermistes qui s’intègrent assez mal dans le cycle du film, il manque une transition pour que leur inclusion soit cohérente. A la limite, j’ai l’impression que ces scènes font partie d’un cycle parallèle car il n’y a aucun lien tangible entre le zoo et cet atelier de taxidermie dans un sous-sol de Montréal.

Un film à voir pour sa beauté et pour s’interroger mais pas à revoir, une fois c’est assez, merci.

Cinéma du réel
  • http://www.cinemadureel.org/
  • Du 22 mars au 3 avril au Centre Pompidou et dans plusieurs salles en France
  • Certains films sont disponibles dans leur entièreté en ligne (streaming)

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