Après un beau week-end bien rempli à Madrid, j’avais vraiment hâte de rentrer à Paris pour revoir mon lit. Donc, je m’étais rendue à l’aéroport assez à l’avance histoire de recharger mon iPod et de manger un peu avant le grand départ.
Même si le repas m’a coûté extrêmement cher (11,60 €) pour des nouilles sauce bolognaise sans viande et des fruits n’étant plus très frais, j’étais contente d’avoir trouvé une prise électrique qui fonctionnait.

Après avoir mangé, je me suis dirigée tranquillement vers ma porte d’embarquement. Voyant qu’une queue s’était formée, je m’y suis jointe. Comportement contraire à mes habitudes, car je préfère habituellement attendre la dernière minute pour embarquer comme avec EasyJet les sièges ne sont pas attribués, je me suis dit que c’était raisonnable de se joindre à la file.
Notre avion est arrivé et a fait débarquer tous les passagers qui arriveraient à Madrid. Les minutes passent et le flot de passagers a diminué, puis s’est arrêté. Pourtant, notre vol n’est toujours pas appelé pour l’embarquement. On dépasse l’heure limite pour l’embarquement et rien ne se passe.
Et puis une dame arrive avec un fauteuil roulant, je comprends alors qu’il y a un passager à mobilité réduite qui attend qu’on vienne l’aider à s’extirper de l’avion.
À l’heure du décollage, une dame du personnel au sol finit par donner le signal du début de l’embarquement tout en ayant des fous de rires à l’interphone.
Vingt minutes après l’heure prévue, l’avion est enfin prêt à décoller.
Euh, non… en fait, les stewards remarquent qu’il y a un passager en trop : nous sommes 151 dans l’avion alors que 150 personnes se sont présentées à l’embarquement.
Le personnel navigant appelle les noms de cinq passagers, pas de réponse. Ils répètent l’exercice quelques fois en français, en espagnol et en anglais sans succès. Les minutes passent et le stress s’installe. On nous demande finalement de ressortir nos cartes d’embarquement afin que notre identité soit contrôlée à nouveau.
Finalement, avant que le contrôle soit entamé, Olga s’est réveillée et a enfin compris qu’on l’appelait depuis 20 à 30 minutes. Applaudissements.
« Mesdames et messieurs, le vol est maintenant prêt à décoller, cependant je dois vous annoncer que l’aéroport de Madrid est présentement fermé, car un avion se trouve présentement sur la pelouse entre deux pistes, on ne sait pas ce qui s’est passé. »
Rires nerveux chez les passagers.
« Ce n’est pas vraiment drôle pour les passagers coincés dans cet avion. »
Glups.
« Ici votre commandant de bord, deux pistes sont présentement fermées sur »’aéroport de Madrid, deux restent ouvertes. Nous sommes les cinquièmes en liste pour le décollage, nous devrions décoller dans environ 20 minutes. »
On a déjà plus d’une heure trente de retard quand on reçoit enfin la permission de décoller. Le vol est un peu turbulent comme ça arrive souvent sur les petits vols, mais tout se passe bien.
On arrive à 23 h 40 à Paris alors qu’on devait déjà y être depuis une heure. Ce n’est pas le retard en lui-même qui était gênant, mais le fait que ça commençait à être vraiment juste pour rentrer en RER (transport en commun) à Paris.
S’en suit une longue course dans les couloirs de Charles de Gaulle. J’arrive à bout de souffle sur le quai du RER. Je me félicite de ne pas avoir pris de bagage en soute et d’avoir acheté à l’avance mon billet pour Paris.
« En raison d’un colis suspect (alerte à la bombe) à la station Aulnay-sous-Bois, le trafic est ralenti sur le RER B, veuillez prévoir des retards d’au moins 20 minutes. »
Je regarde compulsivement ma montre, est-ce que je me rendrais un jour chez moi?
Heureusement, un train finit par arriver, je ne suis pas certaine que je pourrais attraper un métro rendue à Paris, mais je décide de tenter quand même.
Arrivée à Denfert-Rochereau, je me mets immédiatement à courir dans les couloirs pour aller rejoindre la ligne 6. Quand j’entends un métro au loin, j’accélère le pas en passant du jogging au sprint et j’aperçois du coin de l’œil un petit objet noir qui roule devant moi. En fait, c’est une petite souris qui me fait la course!
Ouf, j’attrape le dernier métro. En arrivant à la station Pasteur, rebelote, course effrénée pour aller rejoindre la ligne 12. J’attrape un métro qui n’est pas le dernier, mais mon wagon est complètement vide, sauf pour un jeune homme qui émet des vapeurs d’alcool.
Arrivée à ma station je suis dégoûtée de voir que les escaliers mécaniques sont fermés. Je monte péniblement les marches pour émerger sur la rue.
Il est déjà 1 h du matin, merde je travaille demain!


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