Crise existentielle: I used to be pretty

I used to be pretty

Lors d’une discussion autour d’une excellente Eric’s ale (New Belgium Brewry), je me suis surprise à dire à voix haute ce que je savais depuis longtemps tout en étant incapable de m’avouer : « I used to be pretty. »

Peut-être que c’était par politesse ou c’était l’alcool qui parlait, mes compagnons de l’auberge de jeunesse ont tenté de me rassurer en me disant qu’ils pensaient exactement le contraire. Pourtant, je sais que je ne suis plus que l’ombre de la personne que j’ai déjà été. Un constat assez effrayant lorsqu’on n’a que 25 ans.

Ce qui est incroyable c’est qu’un jour, dans un passé lointain, j’ai étudié la mode, chose que personne à l’heure actuelle ne pourrait le deviner, car peu à peu je me suis mise à moins soigner mon apparence et surtout à m’habiller n’importe comment. Les « mom’s jeans » achetés il y a deux ans furent le début de la fin.

Plus le temps passait, plus je me laissais aller et de moins en moins de regards se tournaient vers moi. C’était un énorme changement dans ma vie, mais c’en était un que j’acceptais assez bien, car je n’avais plus envie de plaire, ni aux filles ni aux garçons. Je souhaitais surtout être reconnue pour mon intelligence, les compliments sur mon physique étaient devenus lassants.

C’est une spirale descendante qui m’a entraînée vers un endroit où je n’étais plus confortable avec moi-même : moins j’étais jolie, moins j’avais envie de l’être et moins je l’étais.

C’est ainsi que cette nuit-là sur Main street, j’ai décidé de redevenir la personne que j’ai déjà été et de m’acheter enfin des vêtements qui me mettent en valeur, de recommencer à jouer avec le maquillage et coiffer chevelure bouclée.

Sur les plages californiennes, bronzée, avec la peau saline et les cheveux feutrés par la brise marine, je reviens à la vie, à la mienne, celle où je me sens enfin bien. Se faire approcher par des garçons plus jeunes, mais surtout très mignons, ça ne fait pas de mal à l’ego ;).

Ahhh, si seulement je pouvais rester ici, pour toujours.

I used to be pretty: palmiers de Californie

5 Commentaires

  • Je te comprends. Depuis 2-3ans, je trouve que mon viellissement a vraiment accéléré. La venue d’un enfant, mon impatriation en France, la trentaine… Mais bon, le soleil est ressorti à Paris et j’ai recommencé à courrir un peu. Ma peau n’est pas aussi verdâtre qu’il y a 3 semaines… J’imagine que mes efforts seraient plus concluants en Californie! Autre point, en lisant tes billets, j’ai l’impression que tu n’auras pas trop le goût de revenir à Paris… je me trompe?

  • On est toujours à deux pas de prendre une décision radicale qui changera notre vie… le fait est qu’on a pas toujours le courage de le faire. Écoute-toi bien et pèse le pour et les contre… c’est vrai que vu d’ici on a l’impression que Paris ne te tente plus 🙂

  • À 25 ans j’ai pleuré comme une madeleine pour les mêmes raisons. À 35 j’ai décidé que c’était inutile car je n’y pouvais rien. Depuis deux ans, je me fait une raison! 😉 Et quant à moi je choisis la Californie à Paris in a heartbeat! 🙂

  • Je me suis déjà « laissée aller » un peu par manque de temps, de sous, d’envie. Mais ça ne veut pas dire qu’on est moins belle, juste qu’on est en stand-by 🙂

    L’âge ne fait pas grand chose à tout ça… pour rien au monde je reviendrais à mes années ado.

  • Mary: non 🙂 je reviens parce que mon chéri y est, point!

    Shandara: Heureusement, les papiers pour l’immigration nous donnent le temps de réfléchir. Chéri sait très bien que Paris est un endroit temporaire pour moi, l’année prochaine on commencera sûrement à regarder les endroits où on pourra déménager et la Californie fera j’espère partie des choix!

    Etolane: Contente d’au moins davoir que je ne suis pas la seule 🙂

    Zhu: Hihi, moi aussi je passe mon tour pour les années ados, même si en fait ma famille est découragée car ils trouvent que je suis une grande ado 🙂

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