Et je ne fais jamais que passer

Black like a Raven

Me revoilà à l’aéroport après quelques jours bien remplis à Montréal. Ce voyage d’un mois m’a permis d’amorcer ma « quarter-life crisis,» une grosse remise en question qui me fait beaucoup de bien même si c’est aussi beaucoup d’angoisse vis-à-vis le futur.

Comme j’en discutais avec mon ami qui avait tout quitté pour refaire sa vie à Los Angeles, à 25 ans il faut décider si on a envie d’avoir plus de choses devant nous que derrière. Avec mon quart de siècle, je commençais déjà à m’enliser dans une vie de complaisance : Habiter le XVème, manger toujours les mêmes plats au restaurant, faire la même chose le week-end, m’enfermer à la maison quand il fait beau, … Bref, une vie qui ne me ressemble pas et qui ne me plait pas, autant mourir tout de suite.

Ce week-end, j’ai été victime d’un grand chamboulement quand mon père m’a annoncé qu’il me coupait les vivres dès le mois d’août. Je ne me plains pas de sa décision car j’ai eu bien de la chance d’avoir mené la vie que j’aie menée et il est plus que temps que je vole de mes propres ailes. En même temps je trouve cette sédentarisation tellement angoissante, car faire des trucs par obligation ne fait plus partie de mon quotidien depuis longtemps. Travailler c’est avoir des comptes à rendre et être bridé quant à ses allées et venues sur la planète.

Cette horreur des attaches me donne parfois l’impression d’être dans une quête infinie, à la poursuite d’une chose intangible, impossible. Je ne sais pas trop ce que je recherche mais une impression de vide m’accompagne depuis toujours. Est-ce que comme les espagnols à la recherche de l’El Dorado je serai obligée d’abandonner au seuil de la mort, fatiguée et déçue de ne rien avoir trouvé ? Même avec l’assurance de ne rien trouver, ne vaut-il pas la peine de tout de même chercher afin d’avoir la certitude qu’il n’existe pas autre chose ?

À ce sujet, Jean Leloup, mon frère karmique, a écrit la chanson Voyager dont un couplet me hante depuis que son disque Les Fourmis est sorti en 1998 :

Car il faut des fois un accord
Entre la peur et le confort
Entre la voile et puis le port
Entre la vie et puis la mort

Cette chanson traduit parfaitement mes angoisses : je suis terrorisée du confort mais constamment à la recherche de changement, source d’apaisement plutôt que de peur. Je cherche cet équilibre même si j’ai plutôt tendance à choisir la liberté extrême.

Quand je serais de retour à Paris, j’essaierai de trouver un équilibre à cette vie d’adulte en formation, en apprivoisant le confort mais aussi la peur. Aller, je dois embarquer sur mon vol Premium Voyageurs d’Air France !

3 Commentaires

  • Ce n’est pas facile de trouver un équilibre. Moi je passe mon temps à trouver que ma famille me manque et d’un autre côté je me verrais bien m’expatrier en Californie ou en Austrlie! Comme quoi on n’est jamais contents mais l’argent permet de voyager aussi…

  • Je compatis car du haut de mes 27 ans je suis aussi en pleine crise métaphysique ! Que faire, comment tout conjuguer, responsabilités et envies de tout plaquer là… pas facile tout ça.

    C’est sûr que travailler est un peu les « golden handcuffs » mais c’est aussi valorisant de ne pas avoir à rendre de comptes à personne 🙂 Tu t’en sortiras très bien !

  • Delph: Même chose ici 🙂

    Zhu: Je vais essayer de trouver des façons de rendre ma vie plus intéressante cette année en résistant à l’envie de tout plaquer 🙂

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