Ce qu’il restera de nous

C’est quand la vie côtoie la mort que les questions existentielles resurgissent pour venir nous hanter. Les salons funéraires font partie des pratiques culturelles autour de la fin de vie que j’ai toujours de la difficulté à cerner.

Pourquoi nous réunissons-nous autour d’un corps qui fut autrefois une personne ? Mais surtout pourquoi personne ne fait jamais face au cadavre même si celui-ci est le point focal de la pièce ? C’est toujours étrange de remarquer comment les gens se mettent de discuter de tout et de rien quand ils tournent le dos au cercueil. Le corps n’étant plus incarné, il devient qu’un vulgaire objet dont bien souvent on se limite à commenter l’apparence.

C’est ardu pour moi de lier mentalement ce corps à la personne que j’ai déjà connue. Ce n’est plus qu’une enveloppe vide dénuée de toute trace de personnalité. Je déteste l’idée que ça soit l’image de cette chose inanimée qui nous reste comme dernier souvenir d’une personne qu’on a aimée.

Je me souviens qu’à la mort de mon grand-père, j’ai fait la pire des erreurs et je l’ai embrassé sur le front sous les encouragements de ma famille. Bien que je l’aie vu la veille de sa mort, il ne me reste que le souvenir de ce baiser laissé sur cette chair qui était devenue aussi froide que le béton. C’est horrible d’avoir ce souvenir si présent alors que pour moi, mon grand-papa c’est 20 ans de beaux moments et non pas la dépouille que j’ai vu cette journée-là.

Je ne comprends pas pourquoi on exhibe ces corps qui ont été remodelés et recolorés. D’autant plus que tout le monde semble mal à l’aise avec cet humain qui n’en est plus tout à fait un. Peut-être, le faisons-nous pour apprivoiser la mort : est-ce qu’en observer les effets nous permettrait de mieux accepter la nôtre ?

Je ne saurais répondre à ces questions, mais je sais que si je meurs, je veux être incinérée immédiatement, sans cérémonie religieuse, et faire épandre mes cendres dans l’océan. De cette façon avec tout l’argent économisé, mes proches pourront organiser une grosse fête en ma mémoire et en honneur de la vie qui continue…

*Crédit photo : Autumnsonata sur Flickr (cc)

3 Commentaires

  • Ce n’est jamais simple d’affronter la mort, j’ai bien vu avec le décès de mon boss. On avait beau avoir une relation de travail et hiérarchique, je ne m’en suis toujours pas pleinement remise! Si je devrais être enterrée je voudrais que ce soit dans un cimetière à l’américaine, avec de l’herbe partout pas le marbre français…

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