
22h50: Après avoir rangé mes affaires de coutures et fait la vaisselle, exténuée je me décide à sortir Akira pour un dernier pipi. J’ai un petit stress quand je ne trouve pas mes clefs car Chéri est parti dormir chez son copain étant donné qu’il part dans la nuit pour la Pologne. Ouf, je les retrouve sous un bout de tissu. Je mets la laisse à Akira et on quitte.
23h05: Au 3/4 de la promenade je m’aperçois que je n’ai pas mes clefs sur moi. Paniquée, je cherche mes poche frénétiquement mais rien. Je suis d’autant plus angoissée que je n’ai rien sur moi: ni portable, ni carte de crédit, ni argent … Je refais le chemin inverse en regardant partout, rien.
23h15: Malheureusement mes clefs ne sont pas sur ma porte. Comme il y a un peu de lumière chez mon voisin, je me décide à toquer doucement à sa porte pour lui emprunter son téléphone. Le Monsieur en pyjama me prête son portable, mais malgré deux essais, Chéri ne répond pas. Je remercie ce Monsieur et je repars sur la rue.
23h20: Je me dirige vers la cabine téléphonique la plus proche. Comme je suis sortie sans rien, je me dis que je pouvoir appeler mon copain à frais virés (PCV). Enfer et damnation! les appels à frais virés ne fonctionnent que sur les fixes. Pas de bottin téléphonique ou de 411 pour obtenir le numéro de téléphone fixe du copain chez qui dort Chéri.
23h25: La peur de devoir dormir dans la rue monte dangereusement.
23h26: Désespérée, je me dirige vers le commissariat à 700 m de la maison.
23h35: J’attache Akira devant le commissariat et demande aux policiers à pouvoir appeler. Le Monsieur de l’accueil m’annonce qu’il peut seulement appeler des fixes et qu’il va me donner des numéros de serruriers. De par une précédente mésaventure, je connais bien les serruriers arnaqueurs parisiens qui vous facturent de 400 à 1 000€ pour une serrure à 70€ et qui reluquent votre intérieur pour un forfait futur.
La voix trémolo, j’insiste encore pour pouvoir appeler mon copain sur son portable. « Bonsoir Monsieur, ici le commissariat. J’ai quelqu’un qui aimerait vous parler, un instant. » Ouf! Soulagée je demande à Chéri de venir m’ouvrir. Il m’annonce qu’il va prendre le métro du fin fond de l’ouest parisien pour me rejoindre à la maison. Je dois lui demander de prendre le taxi par deux fois avant qu’il se décide à partir.
23h45: De retour devant notre appartement. Akira est fatigué et il n’arrête pas de chouiner. Quant à moi, je commence à être somnolente car je devrais déjà être au lit avec Kiki à mes pieds. Je guette les taxis tout en tournant en rond afin de rester éveillée. Je remercie le ciel d’habiter dans un quartier paisible!
00h10: Chéri arrive enfin. Il déclare que j’aurais quand même pu attendre la femme de ménage qui, après tout, vient lundi à 13h30. Je suis tellement contente qu’il m’ouvre que je ne lui fais même pas remarquer que passer 13 heures dans la rue, sans le sous, est très légèrement angoissant. Il est pressé parce que son taxi l’attend et s’apprête à repartir mais je l’arrête sec car je vois mes clefs nulle part dans le salon. Il me laisse les siennes et je l’embrasse avant de lui souhaiter bon voyage.
00h30: Je suis enfin au lit avec le premier épisode de la saison 6 de Futurama, histoire de décompresser un peu dans mon nouveau pyjama.
Epilogue: Le mystère des clefs reste entier, elles ne sont pas dans l’appart et je ne les aies pas entendues tomber hier. Je vais essayer les objets trouvés demain car les employés de la mairie faisaient le ménage ce matin où j’ai promené Akira.

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