Québécoise à Paris – Tout sur ma vie d’expatriée

Qu’est-ce que les expatriés pensent de leur vie sur leur nouvelle terre d’accueil ? Marguerite effleure les mots a créé un nouveau tag pour en apprendre plus.

Voici les questions de Marguerite:

1) Expatriée toute seule ou expatriée par amour ?

J’ai rencontré mon français à Montréal où il était en mission, mais il avait envie de installer au Québec durablement. Réjean était donc retourné en France le temps d’effectuer les démarches pour la Résidence Permanente. Une fois tous les papiers en main, il est revenu à Montréal où il est resté plusieurs mois sans trouver de travail. Finalement, il a dû envisager un retour en France où, paradoxalement, il a trouvé un travail en quelques jours.

Comme j’avais depuis toujours envie de faire ma maîtrise universitaire à l’étranger, j’ai sauté sur l’occasion de m’installer à Paris avec lui. Si j’avais été seule, je ne sais pas si mon choix se serait arrêté sur la France.

2) Depuis combien de temps es-tu de l’autre côté de chez toi…

Je suis en France depuis cinq ans et c’est ma première expatriation.

3) Quels sont les mets qui te manquent le plus de ton pays d’origine ?

Toutes les recettes que ma mère sait si bien cuisiner mais que je ne sais pas reproduire de façon exacte: vol-au-vent au poulet, macaroni chinois, tourtière (pâté à la viande pour les puristes), tarte aux bleuets et pain de viande. Des choses assez simples mais encore trop difficiles pour mon niveau de cuisine embryonnaire.

4) Vis-tu à l’heure de ton pays d’accueil ou à l’heure de ton pays d’origine ?

Je n’ai pas le choix de vivre à l’heure française parce que le travail rythme mes journées mais je ne suis pas fan des horaires parisiens où on commence notre journée tard pour la finir tard. Cela m’oblige à manger mon dernier repas quelques heures avant d’aller au lit, ce que je trouve assez ridicule.

En plus c’est difficile d’avoir une vie le soir car les spectacles commencent tôt et pour y assister il faut souvent courir entre le bureau et le théâtre pour finir affamé dans son siège faute d’avoir trouvé un truc à manger à cinq minutes.

Par contre, j’aime la douce lascivité des dimanches où tout est fermé.

5) Une chose, un objet que tu as toujours trimbalé au long de tous tes voyages…

Je n’ai pas gardé grand chose de ma vie à Montréal toutes mes possessions entraient dans deux valises, j’avais vendu ou donné le reste. Les deux choses sans lesquelles je n’aurais pas pu partir c’est nounours et Akira. Le reste n’est que du matériel.

6) Te sens-tu étrangère une fois par jour, une fois par semaine, de temps en temps, jamais..

Tout le temps! Quand on n’utilise pas le mot exact que les français s’attendent à entendre, ils font mine de ne pas comprendre alors même que le mot incriminé figure dans le dictionnaire. Comment déstabiliser un garçon de café? En lui commandant un Coke plutôt qu’un Coca!

Au travail, j’ai la chance de travailler avec des gens de différents bagages culturels et avec beaucoup de clients américains et étrangers. Ça me donne l’impression de travailler à Montréal!

Il y a énormément de choses que je ne comprends toujours pas mais c’est généralement amusant de constater les différences. Sauf avec l’administration qui elle, m’enrage.

7) Songes-tu à un éventuel retour « chez toi » ?

Oui et non. Parfois je me dis que je serais bien mieux à Montréal mais quand je vois combien le coût de la vie a augmenté et surtout comment il est facile de se retrouver dans la marde sans assurances privées pour la santé et pour  le maintient du salaire, ça me tente beaucoup moins.

Si les aléas de la vie font que je me retrouve célibataire, je ne me battrais pas pour rester en France. Je partirais à la dérive au Canada: Whitehorse, Vancouver, Toronto, Ottawa, Montréal …

8) Justement, que signifie pour toi l’expression « chez soi » ?

Au Québec on a étrangement l’habitude de dire « chez nous », même en habitant seul!

Chez nous c’est parfois ma tente ou une chambre d’hôtel, je suis très flexible sur ce concept. Je n’ai jamais ressenti d’attachement fort envers une maison ou un appartement, je suis toujours très heureuse de déménager.

9) Quelle est la leçon que tu tires, pour l’instant, de ces années d’expatriation ?

Que les discours sur l’immigration exigeant que l’immigré se fonde complètement dans la société qui l’accueille sont proférés par des gens n’ayant pas vécu à l’étranger.

Même en venant d’une culture relativement proche de la France, je vais toujours être supporter de l’équipe canadienne de curling aux Olympiques d’hiver et ce n’est pas pour autant que je suis une mésadaptée sociale.

Je paie mes impôts en France, je contribue aux associations françaises et je m’intéresse au monde autour de moi. Dans le fond, c’est ce qui compte le plus.

10) Réponse à cette question que j’oublie de te poser et à laquelle tu voudrais tellement y répondre… – Est-ce que tu as changé d’accent?

C’est tellement tabou au Québec de franciser son accent mais une fois sur place c’est essentiel, au risque de passer constamment pour un personnage folklorique. Les français aiment le Québec et aussitôt qu’ils perçoivent l’accent, ils ne se privent pas pour me parler de leurs dernières vacances, de leur neveu installé à Montréal, LE québécois qu’ils connaissent, de me dire combien ils souhaitent immigrer au Québec, me répéter des expressions grossières ou débiter les préjugés usuels. Ça part d’un bon sentiment mais ça devient pénible quand ça arrive trois ou quatre fois par jour!

À Paris, il vaut mieux adopter un bon accent bourgeois, les gens perçoivent que je suis étrangère mais ça leur prend un certain temps avant de deviner mes origines.

À lire: Les français n’aiment pas les accents.

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34 Commentaires

  • J’ai beaucoup aimé lire cet article, les questions et tes réponses sont très intéressantes.
    J’ai l’impression que le rapport à l’étranger (outsider) est différent selon les pays. L’idée selon laquelle l’étranger doit totalement s’intégrer est typiquement française et le terme « intégration » est sujet à polémique même en France. Depuis que je vis au Canada, je vois une autre approche. Le Canada met l’accent sur le multiculturalisme et j’ai l’impression que ça m’a rendu les choses beaucoup plus faciles. Les gens sont curieux, posent des questions, mais ce n’est pas excessifs. De manière assez ironique, ceux qui me font le plus de commentaires sur mon accent sont les Québécois ! 🙂

    • Je trouve ça vraiment drôle se rapport québécois-français, des deux côtés on se permet des commentaires sur l’accent des autres qu’on ne se permettrait jamais sur quelqu’un d’une autre nationalité qui parle français !

    • Si si… on remarque tout autant les accents des Belges, comme ceux des Suisses, surtout s’ils sont Vaudois ! 😉
      Mais on adoooOOOOOOOOooore les Québécois, c’est un fait et, il semble que ce soit réciproque. Alors, malgré les petits désagréments, il faut considérer que c’est juste de l’amour qui rend parfois maladroit. 😉

    • Je dois être l’exceptionvqui confirme la règle. Navré d’être aussi brutal mais je nr supporte pas l’accent québécois. Mais quelle horreur! Je me rends régulièrement au Canada, ma soeur habite à Montréal (Westmount) et si je dois êtredans downtown MMontréal, je préfère parler anglais!!

    • Oh courageux anonyme, quelle abomination de devoir visiter sa sœur dans une province dont on déteste l’accent, ça doit être humainement très difficile. Je compatis.

  • J’aime beaucoup! Je croyais que ça faisait plus longtemps que tu étais en France… c’est fou, j’ai vécu plus longtemps que toi là-bas, je suis surprise. Mais tu décris tellement bien tout ce que je ressentais! C’est exactement ça 🙂

  • Encore merci d’avoir voulu jouer à ce Tag ! C’est drôle de voir comme parfois, malgré des bagages différents, certaines sensations sont les mêmes chez les uns et chez les autres ! J’attends encore quelques participations et ensuite je fais mon article-bilan. Pour l’instant je vais aussi relayer ton article sur mes RS.
    Merci et belle journée !

  • Oh, ça a l’air sympa, ce tag. Je te rassure (ou pas), sur les gens qui parlent de « LA personne qu’ils connaissent au Québec », ou qui sortent des jurons parce qu’ils ne connaissent que ça, c’est partout pareil… En Ontario, j’avais des collègues qui me sortaient leur seule gros mot français, leur seul mot de vocabulaire dans ma langue, en fait. Et ici, parfois, c’est un peu le cas aussi, même si c’est plus rare. À mon retour en France, on me posait souvent des questions sur mon expérience, et il y avait toujours à un moment, un lourdaud (jamais une lourdaude, bizarrement) pour lâcher un « tab**** » sans savoir ce que ça veut dire, ou partir sur un gros cliché sur le Québec… 🙁

    • Je me demande vraiment ce qui pousse les gens à faire ça, d’un côté je pense que ça part d’une bonne intention et que la personne veut te démonter qu’elle s’intéresse à toi. De l’autre, c’est peut-être un manque de sensibilité qui fait que c’est mal exprimé. Après le pire avec ces gens là c’est que si tu ne réagit pas à leurs jurons, ils peuvent te les répéter toute la soirée en espérant je ne sais quoi!

  • Très intéressant et drôle aussi de lire ton point de vue d’expatriée en France! Et étonnement (ou pas), je me trouve quelques points en commun avec ton expérience! ^^

  • C’est très intéressant de voir le rapport à l’intégration selon les pays. Je me sens complètement intégrée en Angleterre, en continuant à parler français à la maison, et en mangeant des fromages français. Ça ne dérange personne. Je ne sais pas si c’est du à leur histoire, tournée un le monde, mais je trouve les anglais beaucoup plus accueillants que les français.

    • En même temps, j’en discutais avec mon copain qui lui s’intègre facilement partout où il va, c’est peut-être dû aussi à la personnalité de chacun.

  • Chaque pays a ses particularités. Je suis juste en désaccord sur certains points, par exemple :
    Quand on n’utilise pas le mot exact que les québécois s’attendent à entendre, ils font mine de ne pas comprendre alors même que le mot incriminé figure dans le dictionnaire. Comment déstabiliser un garçon de café? En lui commandant un Coca plutôt qu’un Coke!
    Eh oui ! On ne peut pas voir la vie uniquement par le prisme de sa propre culture ! il faut savoir s’adapter ! Pour avoir vécu dans de nombreux pays, je sais qu’en tant qu’expatriée on peut s’adapter en conservant sa culture. Les premiers mois de découverte font place ensuite à une petite adaptation. Au Québec, je dis un coke et pas un coca, ce n’est pas bien compliqué ! Coke en tant que boisson est dans le dictionnaire québécois et pas français (en français coke = combustible ou cocaïne, d’où l’étonnement d’un serveur si vous lui en demandez). Les Québécois utilisent simplement beaucoup d’anglicismes (énormément même s’ils pensent que les français en utilisent plus !), ils traduisent beaucoup de choses littéralement (prendre une marche, courir une chance, etc.) et sont « pollués » par le vocabulaire américain (proximité oblige !). Notre langue est différente car nous ne vivons pas dans la même aire géographique et notre histoire est différente. La France n’est pas le Québec et le Québec n’est pas la France. Et nombre de Français et de Québecois pensent qu’en arrivant ils seront à la maison !
    Quand aux horaires, je ne vois pas en quoi c’est gênant. Au Québec ou ailleurs dans le monde, si je finis à 21h ou 22h, eh bien, je ne peux pas non plus assister aux spectacles (au pire aller au cinéma). Si je travaille pendant les quarts de soir, pas de spectacle. Ça dépend de notre emploi.
    Dire qu’on ne peut pas manger en cinq minutes en France c’est exagéré, il y a des Mac Do, des Kebabs, etc. On peut se faire des casse-croûtes, les québécois préparent bien leur « lunch »pour le midi !
    L’administration québécoise/canadienne est tout aussi pénible que la française. Le fédéral et le provincial qui ne communiquent pas entre eux, c’est une plaie !
    Je trouve que le portrait brossé n’est pas complètement réaliste, il dépeint la vie dans la capitale mais pas la vie française. On a vraiment l’impression que tu es en France par dépit et que tu ne vois que les mauvais côtés.
    Dans tous les pays dans lesquels j’ai vécu, il y avait des bons et des mauvais côtés. Rien n’est jamais parfait.
    Cependant, ta vision est intéressante et permet de mettre en exergue, et ce, avec sincérité le ressenti d’une expatriée. Finalement, on est tous identiques, des choses nous manquent, d’autres moins. On vit à son rythme et essayant de faire au mieux dans le pays d’accueil.

    Ellen

    • Mon ressenti ne concerne que Paris, car c’est le seul endroit où j’ai habité. Effectivement, le rythme semble être différent en province mais je n’en ai aucune expérience.

      Avec des horaires de bureau standards, à Montréal j’aimais bien prendre l’apéro sur l’esplanade de la Place des Arts, prendre un bon repas au resto et ensuite m’installer au théâtre vers 20h30. Ça me faisait une belle soirée remplie mais relaxante.

      En comparaison, à Paris je termine le travail plus tard et si je veux assister à un opéra je n’ai parfois que trente minutes entre le temps où je termine de travailler et le moment où je dois être assise dans mon siège. Même quand j’ai la chance de trouver un théâtre qui vend des sandwich comme aux ateliers Berthier, c’est physiquement très dur d’avaler un sandwich en cinq minutes chronos, même avec un bon verre de rouge pour le faire passer ;). Une fois Réjean est arrivé avec un contenant en verre au Palais de Chaillot et il se l’ai fait confisquer à l’entrée du théâtre, donc impossible d’y apporter son lunch!

      Par contre le gros avantage de Paris, c’est que des billets pour voir Mouawad, Lepage ou autres me coûtent au grand maximum 30 Euros, alors qu’à Montréal les prix des grand théâtres tournent plutôt autour de 50 à 90 dollars. C’est presque du deux pour un !

      Au Québec je n’ai jamais eu à me présenter plusieurs heures avant l’ouverture d’une administration pour, peut-être, « avoir la chance » d’y déposer mon dossier. Attendre plusieurs heures dans le froid pour se faire recevoir par des fonctionnaires qui doivent appliquer les circulaires sibyllines du préfet et qui semblent désabusés. Après, ces problèmes sont particuliers à la préfecture de police de Paris et à la préfecture de la Seine Saint-Denis. D’ailleurs, j’ai dû renoncer à vivre à Montreuil parce que l’administration des étrangers est submergée. Si j’y avais habité, au lieu de me présenter à la préfecture à 6 heures pour l’ouverture des bureaux à 9 heures, j’aurais dû m’y présenter vers 3 heures du matin! Je suis bien consciente que la procédure d’immigration de Réjean au Canada a été compliquée et coûteuse, mais jamais aussi chaotique.

      Au Québec, pour ce qui est de la langue on est rapidement familiarisés aux régionalismes, à l’argot et à certains concepts culturels français à cause du cinéma, des livres et d’une certaine façon du théâtre. Même si on a pas de lycées chez nous, par le contexte on peut facilement comprendre qu’en France c’est une école qui accueille les adolescent. Pourtant, si une émission de télévision québécoise a la malheur d’être diffusée en France, elles sont souvent doublées comme si le français n’est pas capable de cet effort de projection.

      Je ne trouve pas que ma vie en France (Paris) soit mieux ni pire qu’au Québec (Montréal), ce sont deux bouts de la planète où on jouit d’un niveau de vie élevé. J’ai tendance à être critique envers les choses qui m’entourent, lorsque j’habitais encore à Montréal je ne sais pas si j’aurais fait un bilan de la vie là-bas plus positif que celui-ci sur Paris.

      En tout cas, Ellen, merci de m’avoir fait réfléchir encore un peu plus.

  • Je suis entièrement d’accord quand tu parles des gens qui ont des a priori sur les immigrés et qui n’ont jamais dû vivre à l’étranger !! Nous sommes au Brésil depuis 4 mois avec mon mari (français également). Les Brésiliens que nous rencontrons nous demandent si on parle bien portugais entre nous ? Expliquer qu’on veut s’intégrer, mais qu’on reste quand même de culture française (en vrac, fromage, France Inter), ce n’est pas évident.
    Merci pour cette interview !

  • Merci pour se tag très plaisant à lire! C’est amusant parce que j’y retrouve effectivement certaines petites choses dont mes amies québécoises m’avaient parlé, par exemple le fait que les serveurs devenaient fous en les entendant demander du beurre, parce qu’ils n’arrivaient pas à comprendre ce mot prononcé à la québécoise^^

  • Merci Cynthia, ton témoignage m’a beaucoup plu! Je suis une Française expatriée à Montréal (comme c’est original ;)) et les horaires et l’administration sont deux choses que j’apprécie particulièrement ici. Je suis journaliste et en France, je n’étais jamais chez moi avant 20h30. Ici je termine à 16h, je peux ainsi aller chercher ma fille à la garderie, puis rejoindre mon conjoint qui termine à 17h. Notre vie n’a donc rien à voir! Sinon ton exemple du « coke » est marrant, c’est exactement l’exemple qu’a pris une copine québécoise pour me parler de ses mésaventures à Paris! N’hésite pas à aller faire un tour en Province, les gens sont parfois différents. Je viens du Sud-Ouest et je t’assure qu’en termes d’accents, certains de mes voisins n’avaient pas grand chose à envier aux gens d’ici!

  • Dans le fond, le ressenti est très similaire pour tout expatrié. Comme 80 000 français (ce chiffre est hallucinant!) j’ai plié bagage pour m’installer au Québec. Cela fait presque 3 ans que je suis ici. J’ai vécu dans de nombreux pays auparavant, autant de cultures opposées auxquelles il a fallu que je m’adapte, déployant plus ou moins d’efforts selon les endroits, notamment en terme d’apprentissage linguistique.
    Je me reconnais donc sur bien des points dans ton témoignage mais comme Ellen (plus haut) je désapprouve certains détails.
    Je suis d’accord avec toi concernant les horaires parisiens mais finalement j’arrive à la triste conclusion qu’ici je travaille tout aussi tard qu’en France… Parfois je suis encore au bureau à 23h, non pas parce que je suis une folle du travail mais parce que je n’ai pas le choix.
    Quant au point de la langue française, le témoignage d’Ellen résume parfaitement ma propre expérience ! 😉
    Jamais je n’aurais pensé en arrivant, qu’un jour j’userais d’anglicismes tels que « laisse moi savoir » ou de tics de langage tels que des « t’as-tu ? » ou des « là » mais l’adaptation se fait aussi inconsciemment et je considère maintenant le français québécois comme une langue à part entière.
    Tout comme toi à Paris je suis parfois confronté à certains stéréotypes. Ici, aussi gentils soient-ils, les québécois ne se gênent pas pour me rappeler constamment à coups de clichés et d’imitations grossières que je suis française.. et puis ? Au bout du compte je me sens toujours aussi bien dans mon pays d’adoption et je suis infiniment reconnaissante envers la vie (et le Québec) de me permettre de vivre cette merveilleuse expérience.
    Il y aura toujours du positif comme du négatif dans la vie d’expat’.

    Mais quoi que nous pensions Cynthia, je te félicite pour ce témoignage très personnel et vibrant de sincérité. Ce n’est pas toujours facile de se livrer comme tu l’as fait là.

    J.
    http://alaviealamode.com/

  • Bonjour,

    J’aime beaucoup cette petite interview.
    Je suis une belge qui est venue vivre a Paris pour mon amoureux et je retrouve des idées identiques dans ma vie:
    – si tu dis un mot qui semble bizarre à un parisien, il n’écoute plus rien et te sors  » quoi? C’est quoi ce mot? Tu as dis quoi? » suivit d’un « ahahahahahah » pendant 45 min et d’un « ils sont vraiment bizarres ces belges »
    Depuis, je suis très susceptible lorsque l’on me coupe la parole et je ne répète pas ma phrase (tu n’avais qu’a écouter). Ce n’est pas parce que j’utilise des mots venant du Larousse que tu ne connais pas que tu dois oublier le respect et ne pas couper la parole aux gens.
    Surtout que ça ne me dérange pas d’expliquer les mots (même si j’ai du mal a trouver des synonymes) mais après ma phrase
    Bref, et je ne parle pas de l’accent
    Donc pour ma survie, je dois réfléchir aux mots que j’utilise et à la façon dont je prononce les mots. Même si je trouve normal de m’adapter, mais j’ai surtout été obligée à cause du manque de savoir vivre des gens… Et ça c’est dommage.

    – un truc mignon est que les gens adooooooooooorent la Belgique. Et j’ai le couplet de « j »ai déjà été à bruxelles et à bruges » et j’ai un pote qui habite a bruxelles tu connais?? ». Oui bien sur, on est 3 a vivre en Belgique lol

    – Un autre truc très marrant à Paris: malgré que des milliers de cultures se fréquentent, les parisiens sont toujours ouf quand ils apprennent que je suis Belge. Un peu en mode  » oh t’es belge, je peux toucher?? » lol genre c’est super exotique hihi et maintenant j’ai un « oh tu n’as plus l’accent, c’est dommage »

    En tout cas merci beaucoup, et je suis heureuse de voir que d’autres me ressemble même si j’ai conscience qu’en 3h de route je suis chez moi. Mais malgré tout je suis nostalgique 😉

    A+

  • C’est amusant de passer « de l’autre côté » du miroir! On a souvent des témoignages de français expatriés à Montréal, mais pas l’inverse!
    On reconnaît totalement la mentalité française, et qui plus est, parisienne, dans tes propos^^ Non pas que j’aie un problème avec les parisiens, au contraire, je me suis toujours très bien entendue avec ceux que j’ai rencontrés…!Mais tous ces préjugés qu’ont les villes/pays les uns envers les autres m’amusent beaucoup, même si forcément, c’est plus agaçant quand on en est victime… Par exemple, j’habite en Picardie, et aux yeux des parisiens, tout ce qui se situe au-dessus de l’Oise = le Nooord, avec son accent, son maroilles, et ses campagnards. Et aux yeux d’une partie des picards/gens du nord, les parisiens sont des « abrutis finis » qui se sentent supérieurs… C’est bien trop exagéré! Heureusement, il y a quand même une majorité de gens plus ouverts, qui ne font attention à tout ça, et ne tiltent pas quand quelqu’un leur demande un coke, ou un « côcô » , comme on dit chez nous!

  • Ton article est extra
    Ton point de vue est tellement complet
    Je trouve ça génial la manière dont tu le racontes, comme un récit, on est plongé dedans
    En tout cas tu donnes beaucoup de conseils, de choses super intéressantes avec le pour le contre, ce qui est toujours bon a prendre quand on songe à partir
    Bisous bisous et merci <3

  • Bonjour,

    Je dirais presque : enfiiiin un témoignage mi-figue mi-raisin concernant l’expatriation. Non que je sois ravie de constater que des éléments te navrent… mais parce que je pensais être la seule expat à ne pas être au Nirvana de vivre à l’étranger. Bon okay… dans mon cas, c’est extrême… Maragrida aura du mal à me caser dans sa synthèse !…

    En tout cas, je suis ravie de participer à cet expat tag qui me permet de lire des témoignages très intéressants… même si parfois, ça me fous plus le bourdon qu’autre chose en constatant que je semble être la seule à ne pas du tout aimer où j’ai atterri !

    Lydoue

  • Super ce tag ! C’est chouette de découvrir ainsi ta vision de l’expatriation et de pouvoir comparer, même juste pour quelques questions, nos expériences. Ta réponse à la question 9 résonne vraiment en moi… Quelle tristesse ce serait de devoir renoncer à sa propre culture sous prétexte qu’on s’installe dans un autre pays que son pays d’origine. C’est quand même magique de pouvoir ainsi mixer les cultures !

  • Merci pour cet article très sympa ! Nous avons de notre côté fait l’inverse en s’installant récemment à Ottawa, et en lisant tes commentaires, Paris, ne me manque pas du tout 🙂

  • Bonjour Cynthia,
    j’aime bien cette expression : « chez-nous », elle est si signifiante ! Pour moi aussi un lieu peut rapidement se transformer en chez-nous. Après toutes ces années à l’étranger c’est surement l’expression québécoise que je trouve la plus touchante ! 🙂 À bientôt !

  • Je trouve ton récit intéressant, avoir la vision d’une Québécoise sur la vie française. Cependant, je ne suis pas d’accord avec ce que tu dis à propos de « vivre à l’heure française ». Ta vie n’est pas conditionnée par la France mais bien par ton travail. Je vis au Québec et je ne connais mes horaires que le vendredi soir pour la semaine suivante (concept très étrange pour moi), sachant qu’en plus je n’ai jamais les mêmes horaires, je ne peux rien prévoir !!! On peut me faire travailler n’importe quand et à n’importe quelle heure ! Je dois être disponible, impensable en France, les droits ne sont vraiment pas les mêmes.
    Ici, si je finis à 22h, je ne peux pas non plus aller à un concert, au théâtre ou encore au restaurant (ils ferment tôt ici). Le fait que tu ne puisses pas manger avant d’aller au théâtre n’a rien à voir avec le fait que tu vives en France mais est bien en relation avec ton emploi. Si tu avais des horaires de bureau, tu pourrais faire ce que tu veux. Et c’est la même chose pour moi au Québec ! Il ne faut pas tout confondre.
    Et je déteste cet amalgame que l’on fait, Paris est la France, NON, Paris n’est pas la France. Tous les provinciaux te le diront. Je pense que la vie à Ottawa doit être bien différente de celle de Québec, à méditer !

    • Avec des heures de bureau normales et régulières, celles des employés administratifs qui voyagent aux heures de pointe, à Montréal j’avais le temps de manger au restaurant (entrée, plat, vin) avant d’aller au théâtre, à Paris non. Se goinfrer avec un sandwich au bar du théâtre ne compte pas. Les horaires de bureau sont différents à Paris, la journée commence habituellement plus tard qu’à Montréal.

      Paris n’est pas la France, mais c’est le seul département où j’ai vécu. Pareillement, Montréal n’est pas le Canada mais c’est la seule ville où j’ai vécu. C’est mon expérience personnelle, rien de plus :).

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