
Monsieur Akira n’a pas eu une semaine facile. Il a commencé par se faire mal aux pattes dimanche soir et à pleurer toute la nuit. Puis il s’est mis à aller mieux le lendemain jusqu’à mardi quand il a refusé de manger la moitié de son repas. Il a refusé de manger mercredi soir aussi. Comme il est assez capricieux d’ordinaire ça ne nous a pas inquiétés outre mesure.
Jeudi il nous a accueillis à la maison avec un vomi et il continuait à refuser de manger. Il a revomi plusieurs fois de la bile pendant la soirée tout en étant particulièrement amorphe. Il a gardé Chéri éveillé une bonne partie de la nuit en gémissant et en vomissant.
Vendredi matin ce n’était pas la grande forme non plus. Avant de partir travailler je lui ai laissé un petit nonos à côté de son lit au cas où il ait faim mais il refusait obstinément de manger son steak haché.
Le midi j’appelle Chéri pour lui annoncer qu’Akira ne va pas très bien et qu’il va falloir penser à l’amener au vétérinaire. Il commence par me répondre qu’on devait attendre encore un peu, au cas où. J’insiste et il se contente de dire qu’il faudra demander un devis. Il m’excède et je raccroche.
Il me rappelle plus tard dans l’après-midi pour m’annoncer qu’il sort avec ces copains le soir même. Je sors de mes gonds devant son manque de compassion et je lui dis très clairement que si Akira est malade il devra venir avec moi au vétérinaire.
A 18hrs je me suis enfuie du bureau en bousculant les touristes au passage afin de me rendre le plus rapidement possible à la maison. Une fois assise dans le métro, j’essayais de me concentrer sur ma lecture afin d’écarter tous les mauvais présages qui me venaient en tête.
Arrivée, j’ouvre la porte de la maison et je me trouve face à un vomi vert martien et je vois quatre pattes immobiles. « Akira! » il vient me voir doucement mais il n’est pas convaincu et retourne se coucher. Quand je vais le caresser je m’aperçois qu’il n’a pas touché au bonbon que je lui ai laissé le matin même.
Je prends aussitôt le téléphone pour signaler le numéro du vétérinaire le plus près de la maison: « La clinique est présentement fermée, veuillez laisser un message. » J’essaie le deuxième où j’ai plus de chance et j’obtiens un rendez-vous pour 19h45. J’appelle Chéri pour lui annoncer qu’il devra venir avec moi au vétérinaire.
En attendant le rendez-vous j’essaie de me changer les idées en nettoyant le tapis sur lequel Akira vomit depuis deux jours.
Quand je le sors enfin, j’ai presque envie de faire demi-tour car il a l’air presque normal. Sauf que son manque d’entrain lorsque que je lui dis qu’on va chercher « son papa » me fait continuer mon chemin. 10 minutes plus tard nous sommes chez la vétérinaire.
Une fois notre tour venu, Akira est anormalement calme pour une visite chez le vétérinaire. Les signes vitaux semblent normaux jusqu’à ce qu’elle prenne sa température: 41°C. Elle nous explique que même si la température interne des chiens est plus élevée que celle des humains, c’est rare de voir un chiffre aussi élevé.
Heureusement pour nous, on est tombés sur une clinique bien équipée: la vétérinaire a pu lui faire un bilan sanguin et une radiographie sur le champ.
La bonne nouvelle est qu’il passe ces deux tests hauts la patte. La mauvaise est qu’on ne sait toujours pas ce qu’il a. La vétérinaire lui fait une injection d’antibiotique à large spectre, d’anti-inflammatoire et d’anti-vomitif et nous a donné des comprimés pour continuer le traitement cette semaine.
On est sortis à 22h20 de la clinique après avoir payé un peu plus de 200€. Étrangement, on a trouvé le prix plus que raisonnable étant donné l’heure tardive, les tests et les médicaments. Je crois que les vétérinaires sont moins chers à Paris qu’à Montréal!
Une fois revenus à la maison, la bête est complètement droguée et refuse de bouger. Chéri lui se contente de partir rejoindre ses amis. Tant bien que mal, j’arrive à faire coucher Akira sur son coussin. Comme la lumière semble le gêner, j’éteins presque tout pour le laisser dormir.
Il dort pendant une quinzaine de minutes et tout à coup Akira se lève et mange son biscuit puis va boire de l’eau. Je sais qu’il n’est pas sorti de l’auberge mais je crois que ça va déjà un peu mieux.

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