Du haut de notre vétuste appartement du deuxième étage donnant sur cour, nous avions une magnifique vue sur un mur aveugle et des immeubles modernes sans vie. Pas de chance parce que dans le 15e arrondissement de Paris on croise la tour Eiffel à chaque coin de rue, même parfois dans son salon.

Ça fait tout drôle d’avoir emménagé dans un sixième étage au ras des toits. On voit des petits bouts de plein de choses, comme un sampler de Paris, juste assez pour titiller la curiosité. Une vue sur tout mais sur rien en particulier.

Je crois que nos voisins deux étages plus haut doivent avoir une superbe vue sur Paris et même voir la tour Eiffel qui est en plein devant chez nous mais qui est cachée par un immeuble de sept étages ou par le clocher de notre église. On se console en regardant son faisceau de lumière traverser le ciel la nuit venue.

Au lieu de manger devant la télé, maintenant nous mangeons assis sur le balcon les yeux rivés sur les milliers de petits détails que l’ont peu apercevoir de notre perchoir. Je regarde aussi les hommes faire pipi au pied de mon immeuble comme si de rien était, même quand je vocifère du balcon. Bucolique.

On n’a beau vivre que dans les 20 m² présentement habitables, je sens que j’ai enfin un chez moi.

Enfin, ça c’est quand je ne fais pas de crise d’hyperventilation en pensant au cumul de mon prêt étudiant (quelle idée de faire études !) et de ma charge du crédit immobilier (pas de déflation svp).



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