AVC: Séjour parisien tous frais payés ou comment les messages de prévention sauvent des vies

Enseigne de pharmacie parisienne
J’ai trouvé ce billet dans mes brouillons, il date de plusieurs mois. Je le publie aujourd’hui parce que le sujet est toujours d’actualité.

Dimanche, pas le temps de lézarder à la maison parce que nous devons accueillir vers 13 h le père de mon conjoint à la Gare de Lyon. Comme à l’habitude, le temps de sortir le chien, manger et s’habiller nous avons pris du retard. Pour autant, nous ne sommes pas pressés, car un couple d’amis, Nathalie et Armand, doit attendre Maurice à sa descente du train. Le temps de notre trajet sous-terrain, je discute avec Réjean d’un ton léger pour meubler le temps.

Après quelques SMS, nous localisons nos copains dans l’un des nombreux couloirs de la gare. Contents de se retrouver, on s’embrasse tout à tour, mais derrière les sourires quelque chose cloche. Alors que nous nous mettons en route vers le restaurant où nous devions déjeuner, je m’aperçois que Nathalie transporte la valise de Maurice. C’est un détail très étrange, car cet homme, par galanterie, insiste toujours pour porter le moindre sac qui encombre mes mains.

Nathalie nous annonça, tout en marchant : « Vous ne savez pas ce que Maurice nous a raconté en descendant du train. Pendant qu’il bavardait avec son voisin, il dit qu’il a senti tout son côté droit se paralyser. Regardez! il boite encore.

– Figurez-vous que je discutais avec un jeune étudiant en droit quand j’ai senti tout le côté droit de mon visage se paralyser, le bras et la jambe aussi. Je me pinçais, mais je ne ressentais rien et je ne pouvais plus parler. Mais bon, c’est revenu depuis. Au fait, on mange où?

– Désolée, mais là il faut voir un médecin, dis-je mal à l’aise de casser le party. »

Thalys à la Gare du Nord au petit matin à Paris

Sourires crispés, nous nous tenions en demi-cercle autour de lui avec un seul acronyme en tête : AVC.

« Mais non, je vous dis que c’est terminé, vous voyez : je marche bien !

– Écoute Maurice, je crois qu’il faut que tu ailles à l’hôpital, s’avança Armand

– Mais, tout est fermé aujourd’hui et si je vais à l’hôpital je vais y passer l’après-midi. Allons manger maintenant!

– Ce qui t’est arrivé n’est pas normal papa. Allez, on t’amène à la maison et on appelle SOS médecins, suggéra Réjean de façon plus autoritaire.

– Vous m’emmerdez, je veux juste aller manger, proteste Maurice.

– Maurice, on te laisse aller avec Cynthia et Réjean et on mange tous ensemble ce soir. Allez, on fait comme ça, dit Nathalie en concluant la conversation. »

Même si Maurice nous assure qu’il est assez en forme pour prendre le métro, on préfère s’entasser à trois sur la banquette arrière d’un taxi.

Alors que le véhicule file vers Belleville, Réjean tente d’y voir plus clair en consultant les symptômes d’AVC sur son ordiphone. J’essaie de détendre l’atmosphère en débitant des banalités et Maurice s’excuse d’avoir fait capoter nos plans pour le déjeuner.

Finalement, Réjean décide de sauter la case SOS médecin et il dévoie le taxi vers les urgences de l’hôpital Saint-Louis. Pris en charge par l’infirmière de l’accueil, Maurice ne restera que quelques minutes dans la salle d’attente.

Nous attendons au moins une heure sans obtenir nouvelle. Réjean profite du passage d’une infirmière pour lui demander après Maurice : il attend pour un scan. Il prend la décision d’accompagner Maurice et, sous la pluie battante, je retourne à la maison la valise de son père à la main.

Akira se rue sur les bagages de cet homme qui lui glisse habituellement des croûtes de fromage sous la table, il comprend mal comment cet objet peut-être arrivé là sans Maurice. Il l’attendra toute la soirée, mais il ne viendra pas.

***

Maurice n’a jamais regardé la télévision de sa vie, pour lui ces événements n’étaient qu’un léger malaise qui allait s’estomper. Sans les messages de prévention sur les accidents vasculaires cérébraux, nous n’aurions pas été inquiétés outre mesure comme il nous assurait que tout allait bien. Nous étions reconnaissants aux médias de nous avoir sensibilisés aux symptômes de ce problème de santé qui peut être mortel.

Pour être dans les clous, il aurait fallu appeler une ambulance dès son arrivée à la gare. Nous avons eu des remords à contrer la volonté de cet homme pour lequel nous avons beaucoup de respect, mais ça aurait pu lui être fatal. Heureusement, Maurice a été pris en charge rapidement et a été transféré dans un hôpital possédant un service dédié aux AVC. Alors qu’il ne venait que pour une journée à Paris, il a gagné un séjour d’une semaine tous frais compris.

Pour rappel, voici les signes d’un AVC. Pour plus d’information, je vous invite à consulter le site de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada.

VITE - AVC

 

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5 Commentaires

  • Quel bon réflexe vous avez eu! Comment va-t-il aujourd’hui?

    Même si ça avait été quelqu’un au courant des symptômes, je crois que bien souvent, on hésite à aller aux urgences… les urgences, c’est pour les autres, jamais pour soi, n’est-ce pas? :-/

    • Je ne sais pas, je crois que l’AVC n’a pas laissé de traces cependant ça a été l’occasion d’un check up complet qui a mené à la découverte de d’autres problèmes 🙁

  • tu as tout à fait raison de publier ce billet, un AVC est d’une extrême urgence, et vous avez bien fait de ne pas écouter Maurice!
    j’espère que malgré ses autres soucis, il n’a pas gardé de séquelles;
    à bientôt Cynthia, bises

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