Arabella, mon premier Opéra

Sans n’y être jamais allé, j’ai toujours su que j’aimais l’opéra. Pourtant à Montréal à chaque fois que j’ai voulu y aller accompagnée les raisons pour se défiler étaient nombreuses: trop archaïque, trop long, trop cher ou encore trop ennuyant.

Après un an de dur labeur, me sentant un peu plus à l’aise dans mon portefeuille je me suis enfin décidée à me payer un opéra. C’était sans compter que j’avais grossièrement sous-estimé le prix des places à l’Opéra de Paris (de 195 à 95€ par personne).

J’avais oublié ce projet jusqu’à ce que je reçoive un SMS de l’Opéra me proposant des tickets pour Arabella destinés aux moins de 28 ans pour 25€ en catégorie 3 (sur 8). Ni une, ni deux, je me suis précipitée sur internet pour profiter de cette promotion

Arabella de Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal (1933)

Jeune fille frivole sur laquelle sa famille noble désargentée fonde ses espoirs pour renouer avec la fortune, Arabella sait rendre ses prétendants fous mais eux n’ont aucune emprise sur elle. Son père, le comte Waldner de Vienne qui a mené sa famille à la ruine de par son amour pour le jeu a envoyé un portrait de sa fille Arabella à un compagnon de régiment dans l’espoir de lui trouver un mari.

Matteo, un officier sans fortune, voue une passion sans borne à Arabella et confie ses amours à Zdenko le frère de celle-ci. Mais Zdenko est en fait Zdenka que ses parents cachent car ils n’ont pas l’argent pour élever deux filles.

Mandryka, le neveu héritier du compagnon de régiment fait son entrée et dès sa première rencontre avec Arabella, ils tombent tous les deux amoureux et décident de se marier.

Pour profiter une dernière fois de sa vie de jeune fille, Arabella prie Mandryka de la laisser assister au bal des cocher dont elle est la reine pour dire adieu à ses prétendants. Mandryka accepte de faire cette faveur à sa promise et fête de son côté jusqu’à ce qu’il surprenne Zdenko donner à Matteo la clef de la chambre d’Arabella.

Mandryka fait un scandale suite à cette découverte et se croit bien naïf de ne pas avoir vu clair dans les jeux sophistiqués de son amoureuse viennoise.

En revenant du bal, Arabella surprend Matteo dans les escaliers menant à sa chambre d’hôtel. Lui enhardi par le moment qu’il croit avoir passé avec elle, la couvre de sous-entendus familiers. Elle surprise par ce prétendant qui ne l’intéresse pas reste glaciale.

Arabella, ses parents, Mandryka et Matteo réunis dans le lobby de l’hôtel sont au bord du drame quand Zdenka vient avouer qu’elle avait tout manigancé pour ne pas laisser Matteo souffrir de son cœur brisé.

Alors que le comte accepte que le nouveau couple se marie, Arabella reste distante avec Madryka qui lui a refusé sa confiance. Celui-ci attristé par la perte de son amour, s’apprête à rentrer dans sa campagne quand contre toute attente Arabella vient le rejoindre pour leur premier baiser.

CIMG5102Mon avis

Je ne peux pas me targuer d’avoir une opinion éclairée et critique sur l’opéra mais j’ai beaucoup aimé mon expérience.

Dans cet opéra, j’ai senti que c’était la forme plutôt que le fond qui importait. L’histoire d’Arabella est digne d’un soap opera américain mais tout autour de l’histoire est magnifique et émouvant. Le décor pensé par Marco Arturo Marelli n’est d’ailleurs pas en reste, minimaliste avec ses panneaux blancs rotatifs il arrive à restituer à merveille différents lieux et ambiances.

J’ai particulièrement apprécié la performance de Michael Volle (baryton) qui joue le rôle de Mandryka. Il avait une prestance incroyable, tellement que je trouve que le spectacle n’a réellement commencé qu’à son apparition sur scène.Par contre j’ai eu parfois de la difficulté à gérer la lecture sur-titres et le suivi de l’action car le panneau pour lire la traduction simultanée de cet opéra en langue allemande était placé très haut,  hors du champ de vision lorsqu’on était concentré sur les personnages.

Ma grande surprise à été le niveau sonore peu élevé malgré l’orchestre présent. J’avais l’impression que la voix des chanteurs étaient perdue dans l’immensité de l’amphithéâtre Bastille et que les musiciens devaient se brider pour ne pas les enterrer.

J’ai aussi trouvé assez étrange le mix éclectique des gens habillés en smoking/robes de soirée, ceux en tenue de travail et ceux en jeans tout simplement. Heureusement qu’ils sont tolérants sur l’habillement parce que c’est difficile de rentrer à la maison se changer pour une représentation débutant à 19h30.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à profiter à fond des rabais pour les jeunes jusqu’à mes 28 ans révolus !

Arabella à l’Opéra de Paris

  • Jusqu’au 10 juillet 2012 à l’Opéra de Bastille
  • Pour connaître les promotions enregistrez vous en tant que spectateur
  • http://www.operadeparis.fr/
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7 Commentaires

  • C’est étrange, autant j’aime beaucoup la musique classique et irais volontiers voir un concert, ou un ballet, autant je n’arrive pas à accrocher avec l’opéra…
    Sur le site de l’opéra de paris, il me semble qu’ils proposent des abonnements pour les jeunes… https://www.operadeparis.fr/opera-et-vous/jeunes
    J’en avais profité pour des abonnements de « trois ballets à bas prix ». Sinon, il y a l’option « je tente la dernière minute, et au pire, s’il n’y a plus de place, je me fais un petit restau en terrasse » 😉

    • Le site ne veut pas me laisser acheter un abonnement … peut-être parce que la saison est bien entamée, je vais réessayer à la rentrée.

  • Marrant en effet l’eclectisme du public!

    J’ai été à l’opéra plusieurs fois enfant/ado, j’ai même joué dans Siegfried avec ma classe en CM2. C’était sympa mais Wagner c’est long, chaque représentation durait trois heures, on était parqué dans les loges pendant des siècles 😀

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