Si Akira est un chien plutôt casanier qui préfère faire de la trampoline sur mon lit plutôt que de sortir, je ne sais pas si l’animal désigné par « chien d’appartement » existe vraiment. Pourtant, ces termes tapés sur google mènent souvent sur mon blog ce qui m’a inspiré une réflexion à savoir si le « chien d’appartement » existe vraiment.
Le fantasme de la peluche vivante
Chien d’appartement rime souvent avec un chien qui n’aboie pas, est calme, qui ne détruit pas les meubles et qui est propre. Or, les chiens aiment bien faire du bruit, mâcher des trucs et bouger. Vu de leur côté du museau ce n’est pas évident de savoir qu’il y a des voisins à ne pas déranger et des choses à ne pas mâchouiller.Malheureusement pour nous, les chiots ne naissent pas parfaits, ou en tout cas ils ne répondent pas aux attentes humaines dès les premières semaines de cohabitation. En fait, j’ai toujours trouvé qu’un chien devient vraiment agréable à vivre vers 1 an et demi, au moment où il devient plus posé et que l’éducation a eu le temps de faire son chemin.
Bien sûr, les chiots sont ultra-mignons mais ils nous demandent une quantité d’énergie que nous n’avons pas toujours après une longue journée au bureau ou à l’université. J’ai eu beaucoup de chance avec Akira car il a été propre dès sa neuvième semaine mais, pour le chien de mon père ça s’est plutôt passé vers quatre ou cinq mois. Ce qui veut dire qu’on a passé de deux à quatre mois à marcher dans le pipi au réveil ou à rentrer après une journée épuisante et devoir ramasser un caca dans le salon.
Un chiot est un animal épuisant, entre l’éducation, le surveiller constamment car les conneries sont inévitables et qu’il risque à tout moment de faire ses besoins dans la maison: c’est tout sauf une peluche.

C’est surtout l’humain qui fait le chien d’appartement
Le chien est un être vivant et comme nous, ils a une personnalité, des défauts, des préférences et parfois même des névroses. C‘est au maître d’essayer de façonner le comportement de son chien pour que son comportement lui soit acceptable. C’est d’autant plus important pour les gens qui vivent en appartement parce les voisins peuvent être victimes des mauvais comportements (aboiements, excitation, …) et vous embarquer dans des situations désagréables (disputes, plaintes, …).
Par exemple, Akira aime bien mâchouiller des choses mais n’est pas fan des jouets, ainsi pour qu’il exerce son talent de destruction sur autre chose que mes livres et mes DVD, je le laisse jouer avec les bouteilles de plastique vides ou les boites de carton que je m’apprête à mettre au recyclage. Ça lui permet de se défouler sans dommage collatéraux même si je dois ensuite ramasser les confettis de carton sur le sol.
Ou encore, parfois quand il a trop d’énergie le soir (alors que je n’en ai plus!) il n’écoute plus nos demandes de se calmer et se transforme en diable de Tasmanie en sautant partout et en aboyant. Comme il est très fugueur, il est hors de question de le laisser courir sans lieu extérieur clos. On joue donc à un jeu où je cache des biscuits de chien un peu partout dans l’appartement avec certains plus difficiles à trouver. Ce n’est pas très physique mais ça requiert beaucoup de concentration pour dénicher d’où vient l’odeur. On joue une à trois fois et ensuite il a dépensé assez d’énergie pour s’endormir.
En appartement, il n’y a pas la possibilité de sortir le chien dans le jardin pour qu’il se calme. Il faut trouver une façon de récompenser les bons comportements et surtout de canaliser les mauvais pour leur trouver un défouloir acceptable. Parfois, il faut s’y reprendre de plusieurs façon avant de trouver une solution qui fonctionne mais heureusement le chien est un animal intelligent qui apprend rapidement.

Est-ce qu’il existe des races « spécial appartement »?
Plusieurs site concentrent leurs conseils sur le choix de la « bonne race de chien » pour vivre en appartement. Suffit de se balader un peu sur les trottoirs de Paris pour voir qu’il y a toutes sortes de chien qui habitent en appartement: il a bien sûr les bichons, caniches et cockers mais il y a aussi des bergers malinois, des lévriers, des setters, des boxers et j’ai même vu un grand danois hier!
Il y a certains traits de caractères qui sont plus communs au sein d’une même race mais, il ne faut pas oublier que chaque animal a sa propre personnalité. Il faut donc être prêt à faire face à des comportements qui ne sont pas nécessairement dans la norme de la race. Par exemple, le Shiba Inu est sensé être un chien qui aboie peu mais je connais des maîtres qui ont eu des problèmes avec leur chienne qui passaient la journée à aboyer ce qui, bien sûr, leur causait des ennuis avec les voisins.
Il vaut mieux tout même faire une recherche sur les races qui vous intéressent par exemple je ne suis pas certaine que d’adopter un husky alors qu’on a pas de jardin et en lui proposant 30 minutes de marche quotidienne soit une très bonne idée.
Par contre, même en appartement, il y a des gens qui sont très actifs. Par exemple, quelqu’un vivant en appartement avec un Berger Malinois qui joue une heure par jour au frisbee et part en randonnée le week-end sera un maître plus adapté que quelqu’un qui laisse son chien toute la journée dans le jardin sans simulation.
Le tout est de trouver un équilibre et se connaître suffisamment pour faire un choix éclairé sur le type de chien que l’on veut adopter.

Peu importe le chien, il reste à se poser des questions importantes:
- Est-ce que j’ai assez de temps pour m’occuper d’un chien?En plus des trois promenades par jours, le chien est un animal grégaire qui a besoin d’attention : jouer, prendre soin de lui et parfois être simplement être à ses côtés. Ça semble simple mais s’occuper d’un chien prend beaucoup de temps. Par exemple, si je veux aller à un événement après le travail, je dois m’assurer de pouvoir rentrer à la maison pour sortir Akira avant de m’y rendre, ce qui bien souvent me bloque au moins une heure en soirée. En plus, des vingt minutes que je lui consacre avant d’aller travailler!
- Est-ce que je suis prêt à tolérer les bêtises?
Ça ne sert à rien de prendre un chiot si c’est pour se rendre fou de rage à chaque fois qu’il mange une chaussure ou que vous le retrouvez étendu de tout son long sur le canapé. Evidemment, le chien doit obéir à certaines règles pour que la cohabitation soit agréable mais il faut déjà avoir pris le temps de les lui avoir inculquées. Et ce n’est pas en tapant le chien lorsque vous êtes fou de colère qu’il va apprendre à bien se comporter, c’est un travail de longue haleine avec parfois des rechutes. - Est-ce qu’un chien convient à mon style de vie?
Un chien peut s’adapter à bien des choses mais pas à être tout le temps seul. Si vous sortez tous les soirs de la semaine, faites souvent des voyages pour le travail ou travaillez souvent jusqu’à pas d’heure, disons qu’il vaut mieux reconsidérer votre décision. Pour autant, vous ne serez pas prisonniers à la maison, suffit d’être raisonnable et quand c’est possible d’ adapter ses sorties/voyages pour inclure le chien ou encore de le faire garder.J’aime Akira mais je ne peux pas nier qu’il complique notre vie quand nous devons coordonner nos vacances aux disponibilités de mes beaux-parents qui le gardent en notre absence. - Est-ce que je suis prêt à assumer le coût d’avoir un animal de compagnie?
On ne parle pas d’être riche mais il faut pouvoir assumer sa nourriture et des soins vétérinaires. Il y a bien sûr les visites annuelles pour les vaccins mais aussi des accidents de la vie. Cette année nous avons dû amener Akira chez le vétérinaire parce qu’il s’était bloqué un muscle dans l’arrière train et le faire soigner a coûté près de 100€. Il ne pouvait ni s’asseoir, ni se coucher, le laisser dans cet état à cause de considération financières aurait été abominablement cruel.

En conclusion
Je pense que la question n’est pas tant de savoir si le chien peut vivre en appartement mais plutôt si en tant qu’humain urbain on pourra s’occuper correctement de son animal. Il ne faut surtout pas précipiter sa décision car la sentence pour un chien abandonné est le plus souvent la mort. Triste constat, mais il faut être conscient que plus de 100 000 animaux sont abandonnés à chaque année en France.
D’ailleurs, une bonne idée est d’adopter à la SPA ou dans un refuge des chien adultes dont le caractère est déjà connu et qui sont bien souvent déjà propres.


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